Le territoire Saint-Nazaire
La rurale

Souvent résumé à son bourg, le Saint-Nazaire d’Ancien Régime est aussi un vaste espace rural entre fleuve, mer et Brière.
Avant la création de la commune en 1790, les contours de ce territoire sont flous et varient selon que l’on considère Saint-Nazaire comme vicomté ou comme paroisse. Deux organisations, deux découpages s’imbriquent, sans se superposer parfaitement.

Une vicomté en cadeau

En 1423, Jean III de Rochefort et Rieux démembre une partie de sa vicomté de Donges pour l’offrir en cadeau de mariage à sa sœur Marguerite. Ainsi naît la vicomté de Saint-Nazaire.
Relevant du duché de Bretagne, la nouvelle vicomté englobe la paroisse de Saint-Nazaire, plus une partie des paroisses de Montoir, Escoublac et Saint-André-des-Eaux. Une dizaine de seigneuries en dépend. Leurs manoirs voisinent avec les maisons nobles, propriétés de quelques grandes familles.

Saint-Nazaire à travers les cartes de Cassini

À partir de 1747, les Cassini entreprennent de cartographier l’ensemble du royaume de France.
Les planches couvrant le territoire de Saint-Nazaire sont publiées en 1789. Elles permettent de distinguer le bourg de Saint-Nazaire, les différents lieux-dits ainsi que des salines et de la vigne. La principale voie de circulation terrestre est le grand chemin qui, de Saint-Nazaire à Guérande, permet de rallier Savenay.

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Paroisse et frairies

Saint-Nazaire est aussi paroisse de l’évêché de Nantes. D’abord unité religieuse, la paroisse devient une entité administrative sur laquelle le pouvoir royal appuie son autorité au détriment des seigneurs.
Celle de Saint-Nazaire s’étend jusqu’à Penhoët au nord et englobe ce qui deviendra Pornichet à l’ouest. Très vaste, elle est subdivisée en quinze « frairies », chacune correspondant à un noyau d’habitations. Les frairies constituent l’unité de base fiscale de la paroisse.

Entre mer, fleuve et Brière

Indépendamment de ses limites administratives, Saint-Nazaire se présente comme un territoire de marais, de champs et de landes, prolongé vers l’estuaire par un bourg serré sur un promontoire rocheux.
Ce bourg qui surplombe la mer compte environ 200 maisons à la fin du 18è siècle. L’essentiel de l’habitat est en fait dispersé dans plus de 50 hameaux et villages.
La rade, qui ne sera aménagée qu’au 19è siècle, sert déjà de port naturel pour les navires attendant d’être guidés dans l’estuaire.

Délibérations

Comme le montrent les délibérations du Général de paroisse, les habitants de Saint-Nazaire exploitent la totalité des ressources de leur territoire, qu’il s’agisse du goëmon ou des richesses de la Brière.

 

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Coupe du goëmon

Coupe du goëmon

Ordonnance de l'Amirauté de Nantes relative à la coupe du goëmon, 12 mars 1732

Le goëmon et le varech sont utilisés pour fertiliser les champs. La coupe en est normalement réglementée par une ordonnance de la Marine. A Saint-Nazaire, l'Amirauté relève que ce texte est mal respecté.

Afin de protéger la ressource et de préserver les intérêts des habitants, des périodes de récolte doivent être définies chaque année par le Général de paroisse. La coupe est réservée aux habitants.

Cliché Martin Launay / Archives municipales de Saint-Nazaire, FF1

Coupe du goëmon

Ordonnance de l'Amirauté de Nantes relative à la coupe du goëmon, 12 mars 1732

Le goëmon et le varech sont utilisés pour fertiliser les champs. La coupe en est normalement réglementée par une ordonnance de la Marine. A Saint-Nazaire, l'Amirauté relève que ce texte est mal respecté.

Afin de protéger la ressource et de préserver les intérêts des habitants, des périodes de récolte doivent être définies chaque année par le Général de paroisse. La coupe est réservée aux habitants.

Cliché Martin Launay / Archives municipales de Saint-Nazaire, FF1

Protestation contre un projet d’assèchement des marais

Protestation contre un projet d’assèchement des marais

Protestation du Général de paroisse contre un projet d’assèchement des marais Délibération du 1er septembre 1774.

En 1771, le Vicomte de Donges prévoit de confier à la société du « Sieur Bray », l'assèchement des marais de Brière et alentours.

La paroisse de Saint-Nazaire, comme les paroisses voisines, proteste vigoureusement. Le Général de paroisse rappelle que ces marais sont une ressource indispensable pour les habitants. Avec leur assèchement, « leur ruine entière et totalle [sic] est assurée ». Ils en retirent en effet « une quantité prodigieuse de foin […] » et y font paître les animaux. Les joncs sont employés à « faire de la litière, à fertiliser les terres et à couvrir les maisons ». Les mottes de tourbes servent au chauffage dans une contrée où le bois est rare.

Le vicomte est finalement contraint de renoncer à son projet. Des travaux d’assèchement des pré-marais sont toutefois autorisés en 1784.

Cliché Martin Launay / Archives municipales de Saint-Nazaire, BB6

Protestation contre un projet d’assèchement des marais

Protestation du Général de paroisse contre un projet d’assèchement des marais Délibération du 1er septembre 1774.

En 1771, le Vicomte de Donges prévoit de confier à la société du « Sieur Bray », l'assèchement des marais de Brière et alentours.

La paroisse de Saint-Nazaire, comme les paroisses voisines, proteste vigoureusement. Le Général de paroisse rappelle que ces marais sont une ressource indispensable pour les habitants. Avec leur assèchement, « leur ruine entière et totalle [sic] est assurée ». Ils en retirent en effet « une quantité prodigieuse de foin […] » et y font paître les animaux. Les joncs sont employés à « faire de la litière, à fertiliser les terres et à couvrir les maisons ». Les mottes de tourbes servent au chauffage dans une contrée où le bois est rare.

Le vicomte est finalement contraint de renoncer à son projet. Des travaux d’assèchement des pré-marais sont toutefois autorisés en 1784.

Cliché Martin Launay / Archives municipales de Saint-Nazaire, BB6

Protestation contre un projet d’assèchement des marais

Protestation du Général de paroisse contre un projet d’assèchement des marais Délibération du 1er septembre 1774.

En 1771, le Vicomte de Donges prévoit de confier à la société du « Sieur Bray », l'assèchement des marais de Brière et alentours.

La paroisse de Saint-Nazaire, comme les paroisses voisines, proteste vigoureusement. Le Général de paroisse rappelle que ces marais sont une ressource indispensable pour les habitants. Avec leur assèchement, « leur ruine entière et totalle [sic] est assurée ». Ils en retirent en effet « une quantité prodigieuse de foin […] » et y font paître les animaux. Les joncs sont employés à « faire de la litière, à fertiliser les terres et à couvrir les maisons ». Les mottes de tourbes servent au chauffage dans une contrée où le bois est rare.

Le vicomte est finalement contraint de renoncer à son projet. Des travaux d’assèchement des pré-marais sont toutefois autorisés en 1784.

Cliché Martin Launay / Archives municipales de Saint-Nazaire, BB6

Toponymie : ces seigneuries qui ont donné leurs noms aux quartiers et aux villages

Les seigneurs possédaient manoirs et domaines et souvent une chapelle comme à la Motte-Allemand.
Le seigneur en est alors René Ier de la Haye du Sable. Les toponymes actuels gardent trace d’un certain nombre de ces seigneuries comme celles de la Tréballe, du Bois-Joalland, du Préambert, de la Ville-au-Feuvre…