L’histoire Des archives et des bombes

Alors que Saint-Nazaire est occupée et bombardée, quelques hommes se soucient des archives de la municipalité : en 1942, les documents les plus anciens encore conservés sur place sont évacués. Le fonds ne réintégrera totalement l’hôtel de ville qu’en 2013.

12 juin

Saint-Nazaire doit faire face aux premiers bombardements allemands.

17 juin

Le paquebot Lancastria est attaqué par des avions allemands. Les victimes, essentiellement des soldats britanniques qui tentaient d’évacuer la zone, se comptent par milliers.

20 juin

Des avions allemands bombardent la ville.
Les rues de Pornichet et de Paris sont particulièrement touchées.

15 février

Une première attaque aérienne britannique vise Saint-Nazaire.

Janvier à Mars

Des bombardements occasionnent d’importants dégâts et de nombreux morts.

27 mars

Les Britanniques parviennent à détruire l’une des portes de la forme-écluse Joubert lors de l’opération Chariot.

16 février

Une attaque aérienne touche l’hôtel de ville. Les services municipaux sont relogés sur d’autres sites.

28 février

Plusieurs centaines de bombardiers attaquent la ville.

L’évacuation vers les Archives départementales

Dès 1941, Séverin Canal, archiviste en chef du département de Loire-Inférieure étudie les mesures à mettre en place pour protéger les archives se trouvant dans la zone côtière interdite. En novembre il préconise l’évacuation d’une partie des fonds de Saint-Nazaire vers Nantes, faute de pouvoir en assurer la protection sur site. À peine plus élevée que le niveau de la mer, la région est en effet dépourvue d’abris souterrains. Les documents sont donc empaquetés et envoyés à Nantes où ils sont réceptionnés le 25 mars 1942.

Pendant ce temps… Saint-Nazaire, une ville sous les bombes

Saint-Nazaire, qui occupe une position stratégique, est en proie aux bombardements aériens allemands dès juin 1940. À partir de 1941, ce sont les les Alliés qui prennent la ville pour cible. Les bombes incendiaires et explosives, larguées en février 1943, détruisent près de la moitié des bâtiments. Les services de la mairie, déplacés une première fois dans des locaux provisoires, sont la proie des flammes. Le conseil municipal constate le 16 mars 1943 que « des archives de grandes valeurs sont détruites […] » Les archives anciennes, déjà évacuées, ont heureusement échappé au désastre.

Le voyage du fonds

Les documents nazairiens intègrent d’abord le nouveau bâtiment des Archives départementales, rue Bouillé à Nantes. Pour Séverin Canal, le lieu est sûr. Très vite il se ravise, car la ville est la cible d’importants bombardements. En avril 1942, les archives de Saint-Nazaire sont donc transférées avec d’autres fonds, vers le Château de Beaupréau dans le Maine-et-Loire.
À la fin de la guerre, le fonds réintègre le dépôt nantais. Par la suite, certains documents reviennent provisoirement à Saint-Nazaire, mais la ville est alors en pleine reconstruction. Faute de locaux, la plus grande partie des archives évacuées restera donc aux Archives départementales jusqu’en en 2013.

Archives en temps de guerre, le Bouclier Bleu veille

Aujourd’hui encore, en tant de guerre, des archivistes tentent de protéger les documents des incendies, bombardements ou pillages. Ils coordonnent par exemple l’évacuation des fonds ou leur mise à l’abri dans des bâtiments plus éloignés des zones de conflit, ou plus sûrs. Depuis 1996, ils sont aidés dans leur tâche par le Comité international du Bouclier Bleu. Cette association a pour mission de prévenir les risques menaçant le patrimoine culturel et de le protéger lors des conflits armés et catastrophes naturelles.